Publications
"Accéder aux archives de la protection de l’enfance pour se réapproprier son histoire", ONPE, novembre 2024
Le numéro de l'Observatoire National de la Protection de l'Enfance synthèses de novembre 2024 s’intéresse aux expériences de consultation des dossiers par les personnes ayant bénéficié de mesures de protection durant leur enfance. Vous retrouverez le numéro iciou sur le site de l'ONPE. Bonne lecture !
"Adoption internationale : moins adopter, mieux protéger", Fabien Macédo et Yves Denéchère, revue Puzzle, n°1
L’adoption internationale a connu un déclin sans précédent ces vingt dernières années, notamment en France. Pourquoi ce phénomène autrefois si répandu s’effondre-t-il ? Dans cet article, les enseignants-chercheurs Yves Denéchère et Fabio Macedo retracent l’histoire de l’adoption internationale, ses enjeux éthiques et les défis actuels. Vous y découvrirez comment des scandales de pratiques illicites ont conduit à une régulation plus stricte, et pourquoi de plus en plus d’adoptés recherchent aujourd’hui leurs origines. Une lecture pour comprendre les transformations profondes de ce sujet sensible. Cliquez icipour retrouver l'article.
"Alors, heureux ?" le récit de vie de Rémy Benoît
Depuis une loi de 1978 complétée en 2005, les enfants suivis par l’Aide Sociale à l’Enfance ont le droit de consulter, à l’âge adulte, l’intégralité de leur dossier conservé aux Archives départementales. Le photoreporter Rémy Benoît, placé de 2 à 18 ans, entre foyers et familles d'accueil a découvert son dossier 35 ans plus tard. Il a décidé d'en faire un livre : "Alors, heureux ?" https://www.alorsheureux.fr/
"Des mères singulières. Les mères qui abandonnent leur enfant en France (1900-2020)", Martine Fauconnier Chabalier
Des centaines de milliers de mères ont abandonné leur enfant au cours du XXe siècle. Aujourd’hui en France, elles sont encore 700 chaque année. La vox populi les juge souvent comme des femmes de mauvaise vie. Cet ouvrage va à l’encontre de ce préjugé. Pour ce faire, il présente qui elles sont réellement, à travers leur âge, leur situation matrimoniale et familiale, leur origine géographique, leur profession et leurs ressources. Il vise à mieux cerner les raisons qui conduisent ces mères à la décision d’abandon en déterminant les caractéristiques communes qui les rassemblent mais aussi en pensant la singularité de chacune, en fonction des conditions économiques, des moyens contraceptifs disponibles, de la législation et du regard de la société. L’ouvrage apporte aussi un éclairage sur ce que les mères transmettent à leur enfant, sur leurs demandes ultérieures de nouvelles et de reprise, ainsi que sur les démarches de leurs enfants pour les retrouver. En s’inscrivant dans l’histoire des femmes et dans l’histoire de l’enfance abandonnée, il rend visible les plus invisibles des femmes, et il montre combien, loin d’être des mères indignes, elles sont des mères courage. Leur histoire dit beaucoup du regard de la société sur les personnes en difficulté ou en dehors des normes. https://pur-editions.fr/product/8817/des-meres-singulieres
"Enfants et enfances dans l’histoire de l’Afrique", dans la Revue d’histoire contemporaine de l’Afrique, N°9 (2025)
Ce nouveau numéro de la Revue d'Histoire contemporaine de l'Afrique, coordonné par Kelly Duke Bryant (Rowan Unversity) et Kalala Ngalamulume (Bryn Mawr College) est consacré aux "Enfants et enfances dans l'histoire de l'Afrique". Il contient notamment un article de Véronique Blanchard : « Était au coin de la rue à jouer à la toupie », Contrôle de la mobilité juvénile à la Réunion (1858-1880). Présentation du numéro Aujourd’hui, l’Afrique est connue comme le continent le plus jeune du monde, avec 70 % de sa population âgée de moins de trente ans en 2024. Cette jeunesse est considérée comme vectrice de transformation des sociétés africaines. Mais l’histoire de l’enfance et de la jeunesse en Afrique demeure encore un parent pauvre, comparée à celle des autres continents. C’est pourquoi nous avons monté ce numéro thématique, dans lequel plusieurs historien·nes travaillant sur les enfants africains d’autrefois clarifient des problèmes, contraintes, et possibilités présentées à ces derniers par leurs propres communautés, par les missions ou par l’État. Leurs articles laissent entrevoir qu’il faut s’interroger sur ce que le mot « enfant » a signifié et signifie toujours en pratique, dans différentes sociétés africaines et à des époques différentes, en se concentrant sur la période allant du XIXe siècle à nos jours. Pour lire les articles, c'est ici.
"La cause des enfants. Humanitaire et politique pendant la guerre d’Espagne (1936-1939)", Célia Keren, éditions Anamosa
Les éditions Anamosa publient le livre de Célia Keren sur les enfants accueillis en France pendant la guerre civile espagnole intitulé "La cause des enfants. Humanitaire et politique pendant la guerre d’Espagne (1936-1939)" Pour retrouver la description et le sommaire du livre, voici le lien des éditions Anamosa.
"Moi, Fabienne B., mauvaise fille", Editions Textuel
Le livre rédigé par Fabienne Bichet sur son histoire personnelle vient de sortir aux Editions Textuel. Un récit d’émancipation à l’écriture brute, viscérale. « Je suis née pour un destin tragique. Je vais tout connaître : abandon, violences, injustices. Je vais frôler la mort et pourtant, ma vie vaut d’être vécue. » Ainsi commence l’extraordinaire récit de Fabienne Bichet qui a enduré toutes les formes de la violence patriarcale et institutionnelle : inceste, viols, enfermement, séquestration. Abandonnée à sa naissance en 1956, placée en famille d’accueil, reprise par sa mère puis baladée par les services sociaux au sein de divers pensionnats, Fabienne est enfermée à l’âge de 14 ans au Bon Pasteur de Toulouse, terrible congrégation religieuse dont elle ne sortira qu’à sa majorité. Sa toute nouvelle liberté reste pourtant marquée par un continuum de violences extrêmes. C’est son goût immodéré pour la liberté et son indocilité frondeuse qui lui permettront de s’élever contre ce destin de « mauvaise fille » et de dessiner une trajectoire inattendue dans le milieu de la course automobile et du cinéma. Cette survivante est une combattante, parvenue à transformer une expérience éminemment douloureuse en un manifeste de résistance et d’optimisme. Postface de Véronique Blanchard
Appel à articles - RHEI n° 27 « Enfances irrégulières — Transmission — Histoire »
Bien des enfants s’interrogent sur l’enfance de leurs parents. Comment étaient-ils petits ? Quelles relations avaient-ils avec leurs propres parents et leur fratrie ? Étaient-ils bons élèves ? Avaient-ils des amis ? Faisaient-ils beaucoup de bêtises ou étaient-ils des enfants sages ? Dans la plupart des familles circule un récit de ces premiers souvenirs plus ou moins romancé. Sans doute, n’est-il pas rare que ce qui est dit cache plus qu’il ne dévoile ; ce qui est occulté pèse davantage que ce qui est transmis. N’y a-t-il pas des enfances plus difficiles à raconter que d’autres ? Des enfances que les adultes qui les ont vécues ne peuvent ou ne veulent partager ? C’est le cas de certains enfants abandonnés, maltraités, rebelles, violents, corrigés, enfermés, dont l’itinéraire est émaillé de jugements et de placements en institutions. Longtemps, la généalogie ne s’est pas accommodée de la honte sociale. Les historien.nes après avoir travaillé sur les institutions disciplinaires, puis sur les parcours des institués, sont désormais confronté.es aux interrogations des descendant.es. Leurs démarches deviennent un objet d’histoire et la raison d’être de ce numéro. Les silences d’une génération peuvent déclencher une quête de savoir chez les suivantes. Comment naît ce désir de comprendre ? Par quoi commencer ? À qui s’adresser ? Quelles traces retrouver ? Une fois reconstitué, que faire de ce récit ? Quelle place donner aux éventuelles découvertes qui transforment, contredisent ou bousculent le roman familial ? Ce numéro de la RHEI questionne cette quête des descendant.es d’enfants « irréguliers ». Il cherche à rendre compte des expériences vécues par les différents acteurs et actrices de ces enquêtes : Les descendant.es qui entreprennent, par des récits, de découvrir l’enfance et la jeunesse d’un parent, en interrogeant les témoins des générations précédentes, en fouillant les papiers de famille ou en consultant les archives publiques. Les historien.nes ou autres chercheurs qui racontent leurs interactions avec ces descendant.es, qu’ils ou elles les aient contacté.es dans le cadre d’un projet de recherche, qu’ils ou elles les aient rencontré.es par hasard dans les archives, ou qu’ils ou elles aient été sollicité.es par eux pour les aider dans leur quête. Les archivistes qui retrouvent, depuis quelques années, de plus en plus régulièrement confrontés à des demandes de personnes à la recherche de leur histoire familiale, et qui s’interrogent sur les attitudes et pratiques vis-à-vis de ce nouveau public, les « ego-consultants ». Les acteurs sociaux ou académiques qui s’intéressent à l’histoire des « secrets » familiaux, que ce soit pour en comprendre les motivations intimes ou pour réclamer la levée des divers obstacles institutionnels qui contribuent à les entretenir. La RHEI est spécialisée dans le champ de l’enfance et de la jeunesse marginales ou marginalisées. Elle s’intéresse à l’enfant de justice (délinquant), mais aussi à l’enfant victime, à l’orphelin, au vagabond, ainsi qu’aux politiques législatives et institutionnelles et aux pratiques pédagogiques mises en œuvre pour prendre en charge cette jeunesse et cette enfance « irrégulières » en France et hors de France. Revue scientifique à comité de lecture, elle est le fruit d’une collaboration entre l’École nationale de protection judiciaire de la jeunesse (ENPJJ) et l’Association pour l’histoire de la protection judiciaire des mineurs (AHPJM). Publiée aux éditions Anamosa, elle est également disponible en lien sur la plateforme d’édition électronique Cairn. Les propositions de contribution, en français, d’une page maximum, doivent préciser les sources mobilisées et la méthodologie utilisée. Elles sont à envoyer avant le 15 juin 2024, accompagnées d’un court CV, à l’adresse suivante : rhei.revue@gmail.com Sélection des propositions : début juillet 2024. Remise des articles (environ 45 000 signes) en octobre 2024 pour un retour des évaluations en décembre 2024 Allers et retours auteurs, coordinateurs du numéro : printemps 2025. Parution du n° 27 de la RHEI : août 2025.
Article "Droits de l’enfant : histoire d’une lente reconnaissance", Yves Denéchère, The Conversation, 15 novembre 2024
Comment est-on passé d’une première reconnaissance internationale des besoins de l’enfant dans les années 1920 à la signature de la Convention des droits de l’enfant ? Comment l’impératif de protection des plus jeunes s’est-il peu à peu articulé avec celui de leur émancipation, et la prise en compte donc de leurs opinions et capacités d’action ? Éclairage historique. On commémore en cette année 2024 le centenaire de la première énonciation des droits de l’enfant, à travers la Déclaration de Genève, et le 35e anniversaire de la Convention des droits de l’enfant (1989). De la réglementation du travail aux progrès de la scolarisation, du développement de la pédiatrie à l’« invention » de la petite enfance, en passant par l’intervention de l’État au sein de la cellule familiale en cas de besoin, il y eut certes de nombreuses avancées au XIXe siècle pour l’amélioration du sort des enfants en Europe. Mais c’est au XXe siècle, au lendemain de la Grande Guerre, que le mouvement transnational pour l’adoption d’une déclaration des droits de l’enfant atteint un résultat tangible. Revenir sur cette histoire permet d’éclairer les enjeux contemporains autour de la parole des jeunes, à l’échelle internationale. https://theconversation.com/droits-de-lenfant-histoire-dune-lente-reconnaissance-241526 Une interview est disponible ci-dessous, avec Yves Denéchère, professeur d’histoire contemporaine à l’Université d’Angers et directeur du Pôle universitaire ligérien d’études sur l’enfance et la jeunesse. https://enfance-jeunesse.fr/droits-de-lenfant-histoire-dune-lente-reconnaissance/
Article "Le rôle historique de la santé maternelle et infantile dans la culture de la protection sociale : de la loi Roussel à la Protection maternelle et infantile (PMI)", de Paul V. Dutton
Le numéro 2024/4 N° 244 de la Revue Française des Affaires Sociales (RFAS) intitulé "Regards croisés sur l’évolution de la protection sociale en France depuis la fin du XIXe siècle" consacre un article de Paul V. Dutton à l'histoire de la santé maternelle et infantile dans la culture de la protection sociale. Vous pourrez le retrouver sur le site de cairn à l'adresse suivante : https://shs.cairn.info/revue-francaise-des-affaires-sociales-2024-4-page-104?lang=fr Dans le même numéro, vous retrouverez la note de lecture critique de l'ouvrage "Des mères singulières. Les mères qui abandonnent leur enfant en France (1900-2020)" de Martine Fauconnier-Chabalier, publié aux Presses universitaires de Rennes en 2022. https://shs.cairn.info/revue-francaise-des-affaires-sociales-2024-4-page-162?lang=fr
Article "L’historien de l’adoption internationale, du balcon à la scène", Yves Denéchère, 20 & 21. Revue d’histoire, 2025/1, n° 165
L'historien Yves Denéchère vient de publier un article intitulé L’historien de l’adoption internationale, du balcon à la scène dans 20 & 21. Revue d'histoire. Résumé "Quinze ans après la publication dans Vingtième Siècle. Revue d’histoire d’un article programmatique destiné à lancer le chantier de l’histoire de l’adoption internationale en France, cette contribution propose un retour d’expérience sur la manière d’élaborer une histoire du temps présent à la fois située, savante et éthique. Dans une démarche réflexive, est évoqué le positionnement du chercheur par rapport aux personnes concernées par son objet d’étude, aux acteurs institutionnels et aux médias. Devenant expert, l’historien est passé du balcon épistémique de l’histoire à la scène où évolue l’ensemble des parties prenantes du monde de l’adoption internationale. Ce déplacement interroge la pratique historienne des contemporanéistes et leur rôle social" Pour lire l'article, cliquez sur ce lien.
Billet de recherche sur " L’enfance « irrégulière » à Madagascar"
Raphaël Gallien, postdoctorant au sein de la Chaire de Professeur Junior "Child Studies", propose dans un article de blog un premier état des lieux quant aux pistes d’enquête qui se dessinent pour écrire une histoire de l’enfance dite « irrégulière » à Madagascar en période coloniale, autrement dit de la toute fin du XIXe siècle à la fin des années 1950. À partir d’un repérage initial des principaux fonds disponibles et de leurs lacunes, il esquisse les contours d’un champ encore largement inexploré situé au croisement de l’histoire sociale, de l’histoire de l’enfance, et de l’histoire des formes de régulation du social. A retrouver sur le carnet de recherche de la CPJ ici.
Histoire de l’éducation n° 163 - Perspectives internationales et transnationales sur l’histoire de l’éducation
Ce dossier réunit des contributions qui proposent des perspectives internationales et transnationales sur l’histoire de l’éducation à l’époque contemporaine. Couvrant une variété de thèmes, de pays et de périodes, elles offrent l’opportunité de discuter de deux évolutions historiographiques majeures qui ont marqué la discipline au cours de ces dernières années. Tout d’abord, l'internationalisation de la recherche, à travers plusieurs articles qui s'intéressent à des trajectoires éducatives dans des contextes autres que la France, notamment en Europe et dans le monde colonial. Ensuite, le dossier illustre la variété des terrains et des problématiques que le « tournant transnational » des études historiques a ouvert à l’exploration. Des enjeux tels que la place de l’État-nation, l’importance du « prisme circulatoire » et, enfin, la manière de penser et de pratiquer l’international sont notamment au cœur de la réflexion, permettant ainsi d’inscrire l’histoire de l’éducation de la France dans un espace relationnel plus large qui transcende ses propres frontières. Avec un article de Samuel Boussion intitulé : "Une « ONU des orphelins de guerre » ? Les défis internationalistes et pédagogiques des communautés d’enfants". Pour retrouver le dossier, c'est ici.
Hommage à Geneviève Appell
La psychologue Geneviève Appell nous a quitté le 27 juillet 2025. En hommage à cette grande spécialiste des soins apportés aux jeunes enfants, le site internet cairn a mis en ligne l'un de ses article consacré à son action auprès de l'Assistance Publique. Il est à retrouver ici.
Mouvements "Interroger la domination adulte", 2023/3 (n° 115)
Le nouveau numéro de la revue Mouvements s'interroge sur la domination adulte, avec notamment un article de Samuel Boussion, Mathias Gardet et Martine Ruchat intitulé "Une utopie de sortie de guerre : des villages d’enfants dirigés par les enfants eux-mêmes ?" et "Mauvaises filles ?" entretien avec Véronique Blanchard et Émérance Dubas, propos recueillis par Régis Revenin. https://mouvements.info/edito/interroger-la-domination-adulte/
Parution de "Enfants en guerre « Sans famille » dans les conflits du XXe siècle", sous la direction de Laura Hobson Faure, Manon Pignot et Antoine Rivière, CNRS Editions, 2023.
Tout au long du XXe siècle, les enfants ont été victimes des guerres et des génocides. Perdus lors d’une évacuation ou de déplacements forcés, restés seuls après la mort de leurs parents, arrachés à leurs proches dans le processus génocidaire, beaucoup ont vécu la séparation, brutale et souvent définitive, d’avec leur famille. Les millions d’orphelins de la Grande Guerre, puis l’innombrable cohorte d’enfants abandonnés, déplacés et réfugiés, errant dans l’Europe de la Seconde Guerre mondiale, ont tour à tour conduit, non sans controverses et difficultés, à l’invention de nouvelles formes de prise en charge associative, étatique ou internationale. À travers cette figure du « sans famille », ce livre propose une exploration des conflits à hauteur d’enfant. « Sans famille » ne signifie pas nécessairement « sans personne », et les auteurs et autrices étudient également le rôle des fratries, des parents de substitution, des services sociaux ou des groupes de pairs, qui, à des degrés divers, peuvent prétendre recréer un foyer. Ils interrogent plus largement ces expériences enfantines, depuis le temps de la séparation jusqu’aux traces, parfois traumatiques, laissées par ces événements.
Parution de "Idées reçues sur les familles monoparentales"
Le 7 mars est sorti l'ouvrage "Idées reçues sur les familles monoparentales sous la direction de Marie-Clémence Le Pape et Clémence Helfter, aux éditions Le Cavalier bleu. Malgré la part croissante des familles monoparentales dans la population française, elles ne sont toujours pas considérées comme des familles « comme les autres ». Issues pour partie du xixe siècle, les représentations archétypales demeurent, largement nourries par des figures antagonistes : « veuve éplorée » versus « veuve joyeuse », pauvre fille abandonnée versus « célibattante », « mère-courage » versus « mère assistée »... Des stigmates persistants structurent ainsi les représentations sociales et façonnent l’expérience qu’en font concrètement les parents en situation de monoparentalité – en grande majorité des femmes. Ces représentations stéréotypées, nourries d’idées reçues que l’ouvrage s’attache à déconstruire, trouvent également leur traduction dans des politiques publiques qui peinent à réduire les inégalités auxquelles ces pères, ces mères et leurs enfants sont encore aujourd’hui exposés. Un des chapitre est rédigé par l'historien Antoine Rivière. Il s'intitule "les filles-mères sont de pauvres filles". https://www.lecavalierbleu.com/livre/idees-recues-familles-monoparentales/
Parution de l’ouvrage "Les orphelins des résistants : du deuil à la transmission mémorielle", Déborah Sautel, Ed.L’Harmattan
Le 11 avril 2024 est paru l'ouvrage de Déborah Sautel Les orphelins des résistants : du deuil à la transmission mémorielle aux éditions l'Harmattan. Les ombres des ombres, les ombres des lumières. Telle semble être la position des enfants des résistants. Du vivant de leurs parents, ils sont leurs aides discrètes ou des témoins dont il faut se soustraire au regard. Après leur mort et la Libération, ils deviennent leurs représentants. Leur individualité leur est presque niée : appelés à être sages, ils ne peuvent s’exprimer sur leur deuil. Refoulant cette douloureuse histoire ou cherchant à l’extirper des ténèbres, les enquêteurs en herbe se muent en chercheurs quand ils disposent enfin de leur temps et des archives familiales. Car le passé ne se referme pas facilement. Les hommages aux résistants, les procès, les nouvelles guerres, l’affaire Speidel, avec la nomination d’un ancien nazi au commandement de l’OTAN, tout leur rappel l’absence vécue au quotidien. Comment composent-ils avec ? Comment la transforment-ils en tremplin pour avancer et s’épanouir ? La résilience n’est pas innée, mais naît d’une volonté. Peu à peu, les orphelins reprennent leur place d’acteurs de l’Histoire et veillent à sa transmission.
Parution du numéro 25 de la revue RHEI : "Professionnelles de l’enfance- Portraits croisés"
Un nouveau numéro de La Revue d’Histoire de l’Enfance « irrégulière » (éditions Anamosa) consacré aux professionnelles de l’enfance sous forme de portraits croisés, coordonné par Amélie Nuq et Martine Ruchat, vient de paraître. L’histoire retient couramment les grandes figures de pédagogues, grands éducateurs ou pionniers de la médico-pédagogie, de la pédopsychiatrie, de la psychologie infantile ou de la psychanalyse mais celles qui ont fait métiers d’instruire l’enfant, de l’éduquer, de le juger, de le soigner, de l’observer, de le comprendre ont souvent laissé peu d’archives. En mettant à jour la grande diversité des protagonistes de la deuxième moitié du XIXè siècle au XXème siècle, période au cours de laquelle le care s’institutionnalise, il apparaît que les métiers de l’éducation spécialisée et du social ont ainsi pu être un moyen d’émancipation pour les femmes. L’écriture de ces « nouveaux » portraits ouvre également la voie à un questionnement méthodologique de l’enquête historique sur les femmes en mettant à jour les difficultés d’accès et d’analyse des archives utilisées. Écrire cette histoire ne consiste pas tant à édifier un panthéon de grandes figures féminines que de questionner le paradoxe de leur invisibilité au prisme du genre. Lien vers le numéro
Parution du numéro 26 de la revue RHEI : "L’enfance en cases"
Le nouveau numéro de la revue RHEI vient de paraître aux éditions Anamosa. Le dossier dirigé par Frédéric Chauvaud et Jean-Jacques Yvorel s'intitule "L'enfance en cases". Avec les textes de : Pierre-Éric Fageol,Frédéric Garan, Gilles Gauvin, Emanuela Muntean, Florent Perget, Jean-Marie Petitclerc, Agnès Peysson-Zeiss, Michaël Pouteyo. Enfants battus, abandonnés, discriminés parce que handicapés et pourchassés en temps de guerre, vagabonds du XIXe siècle ou « mineurs non accompagnés » d’aujourd’hui, des banlieues de Turin à La Réunion : la nouvelle livraison de la RHEI s’empare de la figure de l’enfermement et de l’enfance maltraitée dans la bande dessinée à travers l’histoire. Qu’il s’agisse de mineur·es ayant commis des écarts à la loi ou aux normes, ou de l’enfance victime de mauvais traitements, l’enfance « irrégulière » peuple notre environnement et nos imaginaires. Ces enfants mis en cage sont tout à la fois des sujets bien réels de notre actualité (de la guerre aux violences sexuelles) et des personnages de légende, au point que leurs figures forgent une véritable culture. En tant que forme d’expression artistique et populaire, la bande dessinée est ainsi historiquement habitée de cette thématique. Pour en établir le spectre, deux spécialistes de l’histoire de la justice pénale et de la jeunesse ont sollicité la contribution de chercheurs à l’intersection de l’histoire et de la critique littéraire, du documentaire et de la fiction. Trois grandes familles se sont dégagées. L’enfance violentée par les adultes est décrite comme un trait culturel omniprésent des sociétés de l’océan Indien. Autre exemple, avec Osamu Tezuka, le mangaka culte (auteur de Astro Boy) avec la série Ayako relatant le destin d’une jeune fille séquestrée dans la société corsetée du Japon d’après-guerre pour dissimuler un viol incestueux. C’est aussi l’iconique incarnation du mal, Monsieur Choc, lui-même victime de traumatismes vécus pendant l’enfance, dans l’Angleterre sombre de l’entre-deux guerres. Vient ensuite la figure du jeune vagabond, à l’origine d’immenses succès commerciaux, décrits dans un panorama de l’histoire de la bande dessinée. Mais c’est aussi Don Bosco, ce prêtre turinois du 19e siècle qui a consacré sa vie aux jeunes délinquants et créé la pédagogie salésienne devenue une référence mondiale dans la prise en charge de la jeunesse en difficulté. Ce sont enfin les figures d’enfants persécutés et pourchassés, que ce soit dans le contexte de la Shoah, ou la question de l’albinisme, affection génétique considérée en Afrique de l’Ouest comme un handicap. Ce foisonnant volume en quadrichromie retrace des pans de l’histoire et des techniques du 9e art, mais dresse aussi l’image kaléidoscopique d’une enfance mise en cases, entre histoire sociale et histoire culturelle. https://anamosa.fr/livre/lenfance-en-cases/
Parution du n°27 de L’irrégulière. Revue d’histoire de l’enfance : "Le silence en héritage. Enquêter sur l’histoire de ses parents" (septembre 2025)
La toute nouvellement nommée L’Irrégulière. Revue d’histoire de l’enfance (éditions Anamosa) qui succède à la Revue d’Histoire de l’Enfance "irrégulière", inaugure avec un dossier intitulé "Le silence en héritage. Enquêter sur l’histoire de ses parents". Bien des enfants s’interrogent sur l’enfance de leurs parents. Il arrive que la transmission du récit familial se grippe, que les silences dans l’album de famille en disent plus long que la légende des photos, que les bribes de l’histoire cachent davantage qu’elles ne dévoilent. N’y a-t-il pas des enfances plus difficiles à raconter que d’autres ? Des enfances que les adultes qui les ont vécues ne peuvent ou ne veulent pas partager ? C’est souvent le cas de certains enfants abandonnés, maltraités, rebelles, violents, corrigés ou enfermés, dont l’itinéraire est émaillé de jugements et de placements en institutions. À leur tour, les historien·nes peuvent être confonté·es aux interrogations des descendant·es. Dès lors, le droit de savoir et celui de se taire sont questionnés, autant que la position des « professionnel·les », archivistes ou historien·nes, interprètes des traces du passé, qui se trouvent parfois aux prises avec les secrets de famille. Comment naît ce désir de comprendre ? À qui s’adresser ? Quelles traces retrouver ? Une fois le récit reconstitué, quelle place donner aux éventuelles découvertes qui transforment, contredisent ou bousculent le roman familial ? Ce sont toutes ces questions que ce dossier dirigé par le comité de rédaction tente d’explorer avec les textes de : Philippe Artières, Bénédicte Billard, Véronique Blanchard, Marie-Claude Canu, Laure Craig, Anne-Sophie Cras, Anne-Emmanuelle Demartini, Delphine Floreck, Mathias Gardet, Isabelle Merle, Arnaud Miceli, Hugo Peyre, Marie-Louise Poret, Antoine Rivière, Martin Ruelle, Jean-Jacques Yvorel.
Publication de l’ouvrage "Enfants eurasiens d’Indochine aux vents de la décolonisation", Yves Denéchère, Ed. Peter Lang
Des milliers d’enfants métis nés dans l’Indochine coloniale ont été déplacés en France des années 1940 jusqu’au début des années 1970. Il s’agissait tout d’abord de former les jeunes eurasiens pour en faire des cadres pour la colonie puis, après la décolonisation, de les assimiler à la société française. Issues de la rencontre entre dominants et dominées, investies d’enjeux politiques et sociaux très forts, mais aussi idéologiques et démographiques, les personnes concernées ont dû se construire en métropole en tant que migrantes et métisses racisées. Grâce au croisement des archives avec de nombreuses sources orales et une enquête par questionnaire, ce livre reconstruit historiquement l’expérience d’acculturation et de construction subjective des Eurasiens et des Eurasiennes tout au long de leur vie. Le 70e anniversaire de la n de la présence française en Indochine est l’occasion de sortir de l’ombre un pan méconnu de l’histoire coloniale et postcoloniale de la France. https://www.peterlang.com/document/1434234#:~:text=Des%20milliers%20d%27enfants%20m%C3%A9tis,assimiler%20%C3%A0%20la%20soci%C3%A9t%C3%A9%20fran%C3%A7aise.
Rapport de recherche : "Les Berceaux de Rouen dans toutes leurs œuvres", Yves Denéchère
La première étude du projet de recherche "AdoptRisk"* sur les berceaux de Rouen vient d'être mise en ligne. Intitulé "les berceaux de Rouen dans toutes leurs oeuvres", ce rapport a été rédigé par l'historien Yves Denéchère. Pour y avoir accès, c'est ici. Résumé Créée en 1941, l’œuvre "Les Berceaux de Rouen" s'est occupée de naissances et d'adoptions pendant plus de 30 ans, sans avoir les autorisations nécessaires pour le faire. Au milieu d'innombrables pratiques irrégulières, la présidente-fondatrice de cette association est allée jusqu'à commettre des délits et des crimes. Comment expliquer que ces activités illicites, identifiées et dénoncées comme telles par les services sociaux, aient pu perdurer jusque dans les années 1970 ? En replaçant tout cela dans le contexte social de la Seconde Guerre mondiale puis des Trente Glorieuses et le cadre juridique de l'époque, l'étude permet de mieux saisir des réalités complexes autour de la naissance sous le secret et de l'adoption. *AdoptRiskest un projet de recherche financé par l’ANR et porté par l’Université d’Angers avec l’Université Paris 8 et le CNRS. Il vise à étudier, dans une perspective socio-historique, les pratiques illicites dans l’adoption nationale et internationale d’enfants en France depuis 1923.
Rencontre avec Fabienne Bichet, librairie "Contact" à Angers, mardi 18 novembre
Le mardi 18 novembre à 19h, la librairie Contact à Angers, accueillera Fabienne Bichet pour une présentation de son livre "Moi, Fabienne B., mauvaise fille". Vous pouvez retrouver son livre aux Éditions Textuel ici.